FAZSOI : imaginer le pire et l'anticiper © Valérie Koch - Tous droits réservés

Après un an à la tête des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien, le général de brigade Eric Vidaud dresse un bilan des actions menées au cours de ses douze premiers mois de commandement, et rappelle les différentes missions dévolues aux FAZSOI.

FAZSOI : imaginer le pire et l’anticiper

Mercredi 3 octobre 2018 – C’était le 3 octobre 2017. Le général de brigade Eric Vidaud, ancien patron du 1er RPIMa et chef d’état-major du COS (Commandement des Opérations Spéciales) venait de prendre ses fonctions de commandant supérieur des FAZSOI, et accueillait la presse à la caserne Lambert. Un an plus tard, jour pour jour, il revient sur les opérations et exercices menés depuis lors à La Réunion et dans la zone sud de l’océan Indien.

Présentes dans tous les milieux, les Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien assurent un large éventail de missions grâce aux trois composantes Air, Terre et Mer.
Police des pêches (64 tonnes de poissons saisis depuis le début de l’année), lutte contre le narcotrafic, contre la piraterie, surveillance et protection des intérêts français dans la ZEE (Zone économique exclusive), les bâtiments de la Marine nationale verbalisent, saisissent et dissuadent tout au long de l’année. Ils peuvent compter sur le soutien de l’armée de l’Air avec l’ET50 Réunion, qui surveille, renseigne, et opère toutes les missions de transport ou de secours au départ du DA181. Un vecteur incontournable également pour l’armée de Terre, puisque le 2e RPIMa est le seul régiment parachutiste d’Outremer prépositionné et immédiatement projetable. Des paras qui contribuent au maintien de la souveraineté et dispensent formations et instructions dans toute la ZSOI, comme les légionnaires du DLEM à Mayotte.

Car, comme le souligne le général Vidaud, il s’agit “d’imaginer le pire et d’anticiper”. Notamment en restant particulièrement vigilant sur la menace islamiste, jamais très loin des zones d’intérêts économiques gaziers ou pétroliers, et sur le risque de déstabilisation de certains pays d’Afrique de l’Est.

Après des réajustements dans les effectifs militaires ces cinq dernières années, une restructuration de la flotte maritime et aérienne, et la modernisation des équipements de l’armée de Terre, aujourd’hui les FAZSOI sont stabilisées et dimensionnées pour assurer la souveraineté et répondre à des situations de crise ponctuelles. Néanmoins, deux nouveaux patrouilleurs (les POM, patrouilleurs Outremer, des coques de 70m, armés par deux équipages de 35 marins) devraient étoffer la Base navale d’ici trois à quatre ans. Ils auront une capacité de surveillance maritime sur la zone des 40 NM autour de La Réunion. Du côté de l’armée de Terre, la modernisation des équipements va se poursuivre progressivement, depuis l’équipement du soldat parachutiste à l’armement et aux véhicules, et il n’est pas exclu que côté aéro, le DA 181 puisse un jour retrouver une flotte d’hélicoptères “Terre”. C’est, en tous cas, en réflexion.

À noter que l’attractivité des FAZSOI est incontestable auprès des jeunes réunionnais. Avec un lien Armée-Nation fort (classes Défense, journées citoyennes, démonstrations militaires, villes marraines, etc) et une vraie volonté de servir la patrie, La Réunion est l’un des départements les plus pourvoyeur de jeunes volontaires qui sortent de leur zone de confort et s’engagent. 367 recrutements ont été réalisés par le CIRFA Terre en 2017, et l’objectif fixé pour cette année est de 400.
Quant au RSMA-R, avec ses 36 filières de formations professionnelles, il touche 10% d’une classe d’âge et forme plus de 1100 jeunes réunionnais chaque année.

Valérie Koch, photographe et rédactrice

(textes et photos © Valérie Koch – Tous droits réservés)
Le BMP pour 28 stagiaires malgaches © Valérie Koch - Tous droits réservés

GBR Eric Vidaud, COMSUP FAZSOI

“Dans le cadre des relations avec les pays de la COI et d’Afrique australe, j’ai pu rencontrer les autorités militaires et civiles des Seychelles, de Maurice, des Comores, de Madagascar, du Mozambique, et d’eSwatini (ex-Swaziland) lors de visites officielles. Les FAZSOI participent à l’action de nos diplomates car l’outil militaire est un acteur au service de la diplomatie française”.

Berguitta, les militaires sur le pont © 2e RPIMA - Tous droits réservés
Berguitta, les militaires sur le pont © 2e RPIMA - Tous droits réservés

Protection et soutien des Réunionnais

Alors que nous entrons dans la saison cyclonique 2018/2019, le général Vidaud a rappelé que dans ce cadre, les FAZSOI sont prépositionnés en soutien technique, matériel et humain de la préfecture. Le centre opérationnel (COIAZDS), qui coordonne les actions et les moyens depuis la caserne Lambert en lien avec les PC OPS Terre, Air et Mer, a été armé deux fois lors du passage des météores Berguitta et Dumazile pour des appuis aux services communaux, des secours à la population, des évacuations de sinistrés avec le concours du 2e RPIMa.
Par ailleurs, placé sous les ordres du COMSUP lorsqu’il est engagé militairement, le RSMA-R a activement participé à la lutte antivectorielle contre le virus de la dengue durant tout l’hiver austral. Rappelons que les acteurs de cette lutte sont toujours mobilisés, le moustique porteur étant toujours présent sur l’île.
Enfin, le NEDEX intervient également au profit de la population, notamment cette année sur la fragmentation d’un rocher de 250 tonnes menaçant la route du littoral, ou sur des (fausses) alertes à la bombe, ou encore, pour des opérations de dépollution de zones (un DIT a été conduit en ce sens à Madagascar en juillet, afin d’instruire les artificiers malgaches et de nettoyer un dépôt de munitions).

La stabilité régionale est au cœur des préoccupations des FAZSOI. Ainsi, à travers des DIO (Détachements d’instruction opérationnelle) et DIT (Détachement d’instruction technique), ils proposent des formations aux militaires étrangers de la ZRP (zone de responsabilité permanente) pour leur permettre d’acquérir l’expertise française et d’être en mesure d’apporter une réponse aux menaces sur leurs territoires (narcotrafic, terrorisme, notamment).
Les exercices bilatéraux ou multinationaux (OXIDE, PAPANGUE, CUTLASS Express, VARUNA en 2018) contribuent par ailleurs à l’entraînement des forces interalliées, renforçant ainsi leurs connaissances mutuelles dans les environnements 3D et les méthodologies interarmées.
Cateau Noir”, le prochain exercice bilatéral, se déroulera à Mahé (archipel des Seychelles) en novembre. Pour cette nouvelle édition, le format passe du maritime à l’interarmées, pour une continuité des actions de la mer à la terre. Autour d’un scénario contre le narcotrafic, Le Malin (Marine nationale), le 2e RPIMa (armée de Terre) et un CASA (armée de l’Air) prendront place aux côtés des TAZAR et des coast-guards de la SPDF (Seychelles People’s Defense Forces), le tout commandé par l’état-major bilatéral. Objectif :

“faire travailler toutes les composantes pour conserver la cohérence du scénario” (COL Gilles Revel, chef d’état-major interarmées des FAZSOI).

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