État d’urgence : « Il y a un risque très net, nous sommes concernés »

Dominique Sorain, préfet de la Réunion, présente l'état d'urgence étendu aux ‪Outre-Mer‬ et le risque "d'actions de radicaux violents". © Mickaël Masséaux / Préfecture de la Réunion

Dominique Sorain, préfet de la Réunion, présente l’état d’urgence étendu aux ‪Outre-Mer‬ et le risque « d’actions de radicaux violents ». © Mickaël Masséaux / Préfecture de la Réunion

Le préfet de la Réunion, Dominique Sorain, est revenu cet après-midi à l’occasion d’une conférence de presse sur la mise en œuvre de l’état d’urgence étendu aux Outre-Mer, notamment à la Réunion et Mayotte, et a évoqué le risque « en matière d’actions de radicaux violents ».

Alors que la ministre George Pau-Langevin annonçait hier soir l’extension du décret déclarant l’état d’urgence à certains Outre-Mer notamment la Réunion et Mayotte, dans un souci « de cohérence et de renforcement du dispositif de sécurité au moment où il s’inscrit dans la durée et sera prolongé pour trois mois par une loi soumise au Parlement », le préfet de la Réunion, Dominique Sorain, a précisé les termes de son application à la Réunion. « La menace terroriste n’a pas augmenté en quelques jours sur notre territoire », a assuré le préfet. « Mais clairement, nous sommes concernés à la Réunion car nous sommes un territoire français, et il y a des risques en matière d’actions de radicaux violents ».

Concrètement, sur le socle sécuritaire que constituent les mesures du plan Vigipirate renforcé mis en place depuis samedi (patrouilles militaires à l’aéroport Roland Garros et lors des cultes israélites, patrouilles dynamiques de police et gendarmerie autour des installations et des bâtiments sensibles, des lieux de transit, du Port, des centres commerciaux, des lieux de cultes, des établissements scolaires, des bâtiments publics, consignes de sécurité en matière de prévention et de vigilance à l’ensemble des collectivités territoriales, aux organisateurs d’événements, aux gestionnaires de centres commerciaux, de cinémas), s’ajouteront dès demain matin les mesures de la Loi de 1955 relatives à l’état d’urgence.

Pour rappel, l’état d’urgence est « la possibilité offerte au ministre de l’Intérieur et aux préfets, d’étendre leurs pouvoirs de police administrative et de restreindre un certain nombre de libertés individuelles et collectives ». À situation d’une gravité exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Aujourd’hui, « on est bien dans un contexte de nécessité de se défendre », note Dominique Sorain. Le dispositif lui donne donc la possibilité :
– d’interdire la circulation des personnes et d’instituer des zones de protection et de sécurité
– de procéder à des réquisitions de personnes ou de biens
– d’interdire des réunions ou des manifestations
– d’ordonner des perquisitions administratives
– (pour le Ministre) d’assigner à résidence des personnes dangereuses ou d’ordonner la remise d’armes ou de munitions

L’utilisation de ces mesures ne sera pas systématique, et sera décidée au cas par cas. « Il me reviendra de choisir en fonction de la situation et des besoins. Je pense que la perquisition administrative sera un outil très intéressant ». Il n’est pas prévu d’interdiction générale d’événement ou de manifestation, mais des prescriptions de sécurité seront faites aux organisateurs. Et le couvre-feu n’est pas à l’ordre du jour, pour l’heure.

Montée en puissance du suivi dans le cadre de la radicalisation

Dominique Sorain a par ailleurs rappelé l’importance du suivi de la radicalisation contre le risque terroriste, engagé depuis plusieurs années sur l’île : « Il s’agit de détecter et d’identifier les individus qui pourraient se radicaliser. Des signalements sont faits depuis la plateforme nationale ou par les forces de l’ordre qui détectent au cours de leurs activités régulières, ou par des parents ou des proches qui s’inquiètent. Ce sont souvent des fausses alertes, surtout en ce moment ». Mais d’autres sont plus graves et prises très au sérieux. « Sur tous les signalements, nous en avons retenus une centaine depuis le début de l’année. Avec l’état d’urgence, nous allons peut-être pouvoir accélérer les procédures sur un certain nombre de sujets. Parmi les personnes qui sont suivies, toutes ne correspondent pas à des cas de radicalisation violente. Ceux-là sont une minorité. Les cas les plus fréquents sont des personnes qui tiennent des propos radicaux ou ont des comportements de rupture avec nos modes de vie. Mais chaque signalement fait l’objet d’un suivi ». Et de rappeler le mois de juin dernier, au cours duquel un certain nombre d’interpellations et de gardes à vue avait été menées, débouchant sur une incarcération (prosélytisme, recrutement) et des placements sous contrôle judiciaire.

Enfin, le préfet a souligné la mobilisation des moyens des forces de l’ordre, notamment de la Gendarmerie et des FAZSOI, avec le rappel des permissionnaires et des congés, l’utilisation des réservistes, et l’adaptation des emplois du temps, ainsi que la montée en puissance en terme de suivis avec les services de renseignements depuis 3 jours. // Valérie Koch

Dominique Sorain, préfet de la Réunion (archive) © Valérie Koch

Dominique Sorain, préfet de la Réunion (archive) © Valérie Koch

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